GABY LE MAGNIFIQUE



Si près, pourtant, des fêtes de fin d’année nous avons conscience de vivre des heures sombres, car comme l’écrivait Berthold Brecht dans La Résistible Ascension d'Arturo Ui 

«Le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde ».



Nous voudrions, que le message traditionnel de vœux pour  2016, soit, cette année, une pensée de résistance et de fidélité à nos valeurs républicaines.



A vous tous, adhérents et fidèles amis de Double cœur(1)  , qui avez été très nombreux, au cours de ce dernier trimestre 2015, à marcher avec nous sur « les pas d’Audiberti », (2)  à cheminer en notre compagnie « sur les traces de Nazim Hikmet » (3)  ,  à avancer « Dans la lumière de Jean Zay » (4)   guidés par les « carnets de voyage de Philippe Avron » (5)  , nous souhaitons que l’année qui vient soit, pour vous et vos proches, une année de paix, de fraternité et de respect.



Parce que notre Association a toujours estimé que les symboles nous permettent de réinterpréter le monde, nous avons, symboliquement choisi de vous adresser ce message :

aujourd’hui, samedi 12 décembre 2015.



Il y a en effet cinq ans, jour pour jour que, Gabriel Monnet s'est éteint.



C’est pourquoi nous avons eu envie de vous offrir, ces images de la Comédie et de la Maison de la Culture de Bourges dont il assura, à sa création, la direction.



Nous voudrions également partager avec vous quelques extraits du


paru au lendemain de sa disparition :



« Il était l'une des autorités morales de la décentralisation et avait été l'un de ses plus grands animateurs, à Bourges, à Nice, à Grenoble. Il était aussi comédien, ami idéal, amateur de bons vins et exceptionnel passeur de poèmes. .  …/…

Il cultivait son jardin. Vraiment. Il surveillait avec un émerveillement d'enfant la montée de la sève, l'épanouissement des jeunes pousses, l'éclosion des fleurs. Il avait fait cela toute sa vie, n'ayant jamais conçu son métier de vivre sans une volonté profonde de transmission. Il avait toujours aimé la jeunesse et a des enfants de théâtre dans bien des contrées de l'étrange pays.

Il était tendre comme un éternel enfant et rugueux comme un bel arbre. Quand on pense à lui on pense à René Char, à Paul Veyne. Aux grands esprits, aux âmes fortes.

Il s'est envolé. A 89 ans, dans la pleine lumière de son intelligence et de sa générosité. On l'appelait Gaby dans son cœur, mais Monsieur Monnet quand on croisait son chemin car il impressionnait, son parcours impressionnait.  …/…

Les rôles, les mises en scène se comptent par dizaines et dizaines...Il donnait a ses personnages son humanité profonde et à ses mises en scène sa lucidité sans faiblesse. Gaby, grand modèle et diseur de poèmes comme il en était peu... »



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(1)  Créée en 2002 dans le but essentiel de conserver et de transmettre le patrimoine de la Décentralisation culturelle dans l’esprit de ses fondateurs et grâce à la fidélité de plus de 160 adhérents Double-Cœur est devenue, au fil des années, un espace de rencontres, de créations, de partages, d’échanges, de débats… comme en témoignent toujours les récentes réalisations présentées au cours du dernier trimestre 2015 :

(2)  « Sur les pas de mon père – Promenade Jacques Audiberti » le 13 octobre 2015 au Palais Jacques Cœur avec Marie Louise Audiberti et Florence Huige

(3)  « Sur les traces de Nazim Hikmet » » le 17 novembre 2015 au Palais Jacques Cœur avec Aristide Démonico et Yannick Thépault.

(4) « Dans la lumière de Jean Zay » le 2 décembre 2015 à l’I.N.S.A. de Bourges avec Marieke Aucante, Jean-Paul Hemmer, Dominique Martinez, Alain Meilland et Alain Pennetier

(5) « Hommage à Philippe Avron » le 8 décembre 2015 au Palais Jacques Cœur à Bourges, avec Lazare Herson-Macarel et Jean-Gabriel Carasso.

(6)  « Gabriel Monnet, Gaby le magnifique, salut ! » Par Armelle Héliot le 13 décembre 2010 sur « Le Grand Théâtre du Monde » voir le texte intégral en cliquant sur